En novembre 1987, venant d' acheter un terrain dans le lotissement du Val, rue de Louvain à Pont-Réan et me rendant à la Mairie située à Guichen j'eus l'occasion d'entrevoir sur la droite une magnifique allée bordée d'arbres menant très certainement à un château que j'allais découvrir plus tard me promenant dans les environs.... et dans d'autres occasions.
Je découvris que la ville de Rennes y gérait un centre aéré dans lequel mon épouse allait enfant et appris que sa grand-mère paternelle finit sa vie dans ce qui était communément appelé « le mouroir » dans les services de Pontchaillou concernant la Massaye.
Je découvris l'histoire de Pont-Réan au travers du livre de Patricia Cheviré dans lequel elle consacre un article sur les inondations mais aussi un article sur le domaine.
Les inondations de 2001 ( après celles de 95 – 99 ) eurent des conséquences importantes pour notre bien-être et des répercussions psychologiques indéniables partagées puisque la petite Eileen née en décembre 2000 et la maman toutes deux de retour de la maternité ne purent rester dans une maison inondée..... donc insalubre pour elles : demande de logement à la mairie, ce fut l'appartement situé au Château de la Massaye qui nous fut alloué; nous étions 7 personnes !
Nous avions tout l'étage pour nous, étage habituellement réservé au directeur.
Nous sommes restés plusieurs mois dans les lieux et je découvris alors la richesse de la Massaye, richesse architecturale, paysagère mais aussi humaine....
J'avais des contacts journaliers avec le personnel du CHR qui y assurait l'entretien et déjà pointaient des écoeurements ou incompréhensions des salariés sur la politique d'abandon du site par la diminution de lits alors que venaient d'être mises aux normes les cuisines....
Ce fut ensuite des rencontres avec des personnes qui recherchaient l'ancien centre de formation maritime.....
L'accueil de réfugiés au domaine de la Massaye sur réquisition de la Préfecture allait me permettre encore une fois de bien belles rencontres..... non, je n'ai pu participer à la manifestation de soutien pour ces personnes mais – discrètement – leur ai remis un salon pour leur pièce de vie commune : j'ai eu un bonheur intense à voir les enfants taper l'assise des canapés et s'y jeter.
Peu de paroles : tous dans les yeux et les gestes de ces enfants... et leurs yeux rieurs et leurs sourires
Mais avant leur arrivée, survinrent les événements les plus tristes que j'ai pu voir : la haine par la peur de l'autre, étranger de surcroît....
Le 6 mars 1963, le « vice – amiral » – préfet maritime de Brest – demande à récupérer, pour orner l'école navale de Brest, la statue de DUGUAY TROUIN offerte par la ville de ST MALO au centre de formation maritime, statue qui avait été érigée dans la cour d'honneur de la Massaye.
Si je savais que la présence militaire y fut importante, jusqu'en 1960, puisque le domaine fut successivement occupé, réquisitionné, loué par l'état major anglais, l'armée allemande, des formations américaines, la marine française...... j'ignorais totalement certains événements de 1944.
Le 22 juillet 1944, les allemands firent une rafle dans les rues de Pont-Réan en représailles d'actes de brigandage commis localement par la fameuse bande Tudo-Laurent; les personnes arrêtées furent détenues au château de la Massaye pour être transférées et incarcérées à Jacques CARTIER.
Ils seront une douzaine de jeunes de Pont-Réan à être arrêtés et déportés par le convoi dit de Langeais partant de Rennes début août 44 vers Belfort et dirigé le 26 août vers Natzweiler ou d'autres lieux de déportation tels que Dachau ou Melk.
Parmi ces jeunes figurent également des Espagnols.
Quelques heures avant la libération de Rennes – le 1 er août, les américains sont à sa porte et 2000 allemands résistent – le 3 août vers 6H00 du matin, un convoi de 1500 prisonniers emprunte la seule voie ferrée intacte : Rennes – Redon.
Le même jour, vers 11H00 du soir, un groupe de prisonniers de même importance parcourt à pied pour embarquer dans des wagons à bestiaux vers St Jacques de la Lande.
Ces deux convois se rejoignent au Lion d'Angers survolés en permanence par l'aviation alliée.
De l'avis des survivants, jamais ce convoi n'aurait dû arriver en Allemagne.
Préservons le domaine de La Massaye et faisons en sorte qu'il devienne une zone accessible à tous les Guichennais- Pont-Réannais...
Réunions publiques
- Le 5 mars, 19h, salle Henri Brouillard à Pont-Réan
- Le 7 mars, 20h30, Espace Galatée à Guichen
Proches de vous, nous le sommes et le resterons !
- Le 7 mars, 20h30, Espace Galatée à Guichen
Proches de vous, nous le sommes et le resterons !
jeudi 31 janvier 2008
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