Réunions publiques

- Le 5 mars, 19h, salle Henri Brouillard à Pont-Réan

- Le 7 mars, 20h30, Espace Galatée à Guichen

Proches de vous, nous le sommes et le resterons !

samedi 1 mars 2008

Réponse au commentaire laissé par un anonyme en bas du message présentant notre liste

Merci de votre contribution qui témoigne d’un intérêt pour le développement durable que, bien entendu, nous partageons avec vous. D’ores et déjà, vous avez sans doute obtenu les réponses à vos questions, légitimes, dans notre programme qui est diffusé depuis quelques jours.

Vous avez en effet pu lire que le développement des activités économiques s’appuiera entre autres sur une meilleure coordination avec et entre les entreprises – un agent de développement y sera affecté – ainsi que des services proposés à celles-ci : vous le savez, les services aux personnes et aux entreprises sont les secteurs qui vont croître le plus fortement dans les années à venir (cf. le rapport Siebel, L’avenir des métiers).

Bien d’autres engagements – il y en a au total quarante – répondent à vos préoccupations. Ainsi le commerce de proximité doit être soutenu de telle façon à ce que les rues de nos bourgs ne soient pas quasi-exclusivement occupées par des agences bancaires et immobilières : à Pont-Réan, par exemple, une épicerie et un salon de coiffure ont disparu… Une commune peut, de façon volontariste, maintenir le petit commerce et même contribuer à la création d’entreprise dès lors qu’elle travaille en partenariat avec des organismes tels que l’ADIE, les Boutiques de Gestion, etc. Dans le même ordre d’idée, l’aménagement de la cale n’est pas qu’une question touristique : pensez qu’il n’y a même pas une douche ouverte en permanence et que les plaisanciers ne restent donc pas… et ne consomment pas plus ! Les marchés doivent être dynamisés, rendus plus attractifs et accessibles… Ces choses-là ne sont pas seulement issues des réflexions de notre liste… mais, beaucoup plus simplement, ce sont les habitants, nos concitoyens, qui nous l’ont dit !

Cher blogueur, vous ne voyez pas de projet d’économie et de confiance apporté par le développement durable. Cependant nous formulons plusieurs réponses… même si, bien sûr, nous n’avons aucune maîtrise sur le prix du baril de pétrole : développer l’intermodalité et les transports en commun, dont la fréquence des trains que vous évoquez justement et également une négociation avec la STAR pour des tarifs avantageux (Marcel Hamel en avait d’ailleurs parlé lors de notre réunion publique à Guichen). Tout cela peut permettre d’alléger la facture des ménages consacrée aux déplacements. Mieux consommer et moins cher passe également par les filières courtes « producteurs-consommateurs » avec des intermédiaires qui représentent une vraie valeur ajoutée (artisans…). Par ailleurs et contrairement à l’idée reçue, l’éco-construction n’est pas plus onéreuse dès lors qu’elle est intégrée en amont : le n° 2 cite en exemple les communes de l’association Bruded… Là également, le pouvoir d’achat des consommateurs peut être préservé : le logement et l’alimentation sont les deux postes principaux dans le budget des ménages. Quant au porte-monnaie des citoyens, notre engagement est de maîtriser la fiscalité : il ne s’agit pas de déshabiller « Pierre-citoyen » pour habiller « Paul-consommateur » !

Avec mon équipe, nous vous rejoignons totalement sur le fait qu’il ne faut pas que Guichen/Pont-Réan devienne une cité dortoir : dans notre programme, vous lirez notre stratégie sur le foncier car il est inadmissible – et absurde tant économiquement qu’écologiquement - que les jeunes doivent aller de plus en plus loin pour se loger. Savez-vous qu’aujourd’hui un jeune doit travailler trois fois plus longtemps que ses parents lorsque ceux-ci avaient le même âge pour occuper un logement de taille comparable ? Ne pas se résigner à multiplier les lotissements de « petites boîtes toutes pareilles » jusqu’à devenir une banlieue pavillonnaire déserte le jour implique de créer des emplois ici mais ne nous leurrons pas : l’attractivité rennaise continuera de jouer et bon nombre d’actifs se rendront pour travailler dans la capitale régionale. Il faut donc repenser le développement économique local sur la base de services pérennes dans notre commune : l’économie sociale peut être un levier pour cela et, en plus, elle est « solidaire », c’est-à-dire qu’elle ne laisse personne sur le bord de la route (chômeurs, personnes isolées, « travailleurs pauvres », etc.). Votre question d’un « bassin d’emploi guichenais » est donc tout-à-fait pertinente et trouvera non pas une mais des réponses structurées à partir du développement durable. Si nous sommes demain à la Mairie, nous mettrons tout en œuvre pour que cette commune non seulement dispose d’emplois sur place mais pour que ce bassin ne soit pas que « d’emploi » mais « de vie ». Rien ne nous empêche d’avoir pour Guichen/Pont-Réan et son intercommunalité une grande ambition autour du développement durable sur le même modèle, par exemple, que Becherel - cité du livre. Si nous ne voulons pas ici d’une banlieue, il faut relier activité professionnelle et vivre ensemble : le développement durable, outre le cadre éthique qu’il représente, est un secteur économique plein d’avenir.

« Relier » : voilà un mot qui aurait pu être celui de notre liste ! Relier l’économique, le social et l’environnement, bien sûr, mais aussi relier les élus et les habitants. Pour cela – c’est avec la maîtrise de la fiscalité notre second principe – nous nous appuierons sur le dialogue, la démocratie participative ; nous prendrons en compte et nous rendrons compte. Car, assurément, nous ne voulons pas nous priver des réflexions et des engagements de citoyens-ennes… comme d’ailleurs votre contribution nous le rappelle.

Françoise Kieffer et son équipe.

vendredi 29 février 2008

Notre projet pour Guichen/Pont-Réan


Sur la base des trois piliers du développement durable – environnement, économie et social – nous vous proposons un réel changement qui n’est pas une aventure. Notre projet clair et nos 40 engagements précis obéissent à deux principes : la maîtrise de la fiscalité; la transparence sur la base du dialogue et de la démocratie participative.


Combiner le développement économique et un territoire attractif

1) Dynamiser les marchés existants et en créer un nouveau à Pont-Réan le week-end.
2) Soutenir le commerce de proximité et favoriser l'implantation d’entreprises avec un agent de développement économique.
3) Encourager la production agricole de qualité, le développement de la filière courte et les énergies vertes.
4) Développer l'activité touristique en valorisant les sites remarquables et le patrimoine local.
5) Favoriser la concertation avec et entre les entreprises.
6) Sensibiliser et soutenir les entreprises dans leur démarche de responsabilité sociale.
7) Préserver l’espace rural et organiser la mise en place de la filière bois, depuis la récupération de l’élagage jusqu’au chauffage.
8) Présenter, en concertation avec les habitants-tes un autre projet d'aménagement économique et environnemental pour La Massaye.


Être responsable de notre environnement

9) Supprimer les gaspillages dans tous les équipements publics.
10) Promouvoir les énergies renouvelables lors de la rénovation et de la construction des nouveaux bâtiments.
11) Sensibiliser et accompagner tous les habitants-tes dans la prise en compte du développement durable et au choix des énergies renouvelables.
12) Reconstituer en concertation avec le monde agricole les haies bocagères pour limiter les inondations et développer les bassins de rétention.
13) Coordonner notre plan de prévention des risques d’inondation avec les communes voisines.
14) Promouvoir la mise aux normes des installations d'assainissement non-collectif et étudier la faisabilité d'installations semi collectives.

Etre solidaire

15) Répondre aux besoins des personnes âgées, isolées, handicapées en coordonnant et en étoffant l’offre de service.
16) Promouvoir les manifestations interculturelles et intergénérationnelles avec les associations pour améliorer la cohésion entre nos bourgs et nos villages.
17) Renforcer le soutien scolaire et les activités périscolaires.
18) Développer des modes de garde d’enfants adaptés aux besoins nouveaux des familles et aux horaires atypiques.
19) Promouvoir la création d’emplois dans l’économie sociale pour que chacun puisse travailler dignement (services aux particuliers, aménagements d’espaces…).
20) Organiser pour tous les volontaires une formation gratuite aux gestes de premiers secours.

Faire ensemble

21) Créer un Conseil de la vie associative pour mutualiser, coordonner les moyens, programmer les équipements.
22) Consulter habitants, enseignants, associations et élus de l'intercommunalité pour – enfin ! - construire une piscine sur le canton.
23) Créer des commissions extra-municipales « jeunes » et « personnes âgées ».
24) Désigner par quartier et village un élu de référence en charge d’un « Conseil de voisinage » à l’écoute de vos besoins.
25) Etre à l’écoute des employés municipaux, garants de la continuité et au service de la commune pour soutenir la mission de service public.
26) Travailler en étroite collaboration avec l’intercommunalité, le Pays, le Département, la Région, l’État et promouvoir les relations internationales avec des jumelages.

Vivre mieux, se cultiver, se détendre

27) Donner une vocation culturelle et sociale à l'Espace Galatée.
28) Renforcer une offre culturelle et de loisirs de proximité pour les jeunes et adultes: animations, expositions, concerts.
29) Créer une Université du développement durable ouverte à toutes et tous.
30) Rendre la culture accessible à tous en proposant le « Chèque Loisirs ».
31) Sensibiliser et accompagner les associations dans une démarche de développement durable (covoiturage, achats solidaires et éco-responsables…).
32) Adapter les équipements sportifs et créer des parcours à thème (sportif, écologique, de santé…)

Bien vivre ici

33) Aménager et sécuriser l'accès aux équipements, aux gares, aux bourgs et villages pour les piétons et les cyclistes.
34) Réaliser un schéma de déplacement sur la commune.
35) Renforcer et soutenir les transports collectifs et l’intermodalité.
36) Maîtriser l'urbanisme et promouvoir des zones d'habitation équilibrées, financièrement accessibles et respectant les normes environnementales.
37) Permettre aux jeunes de s'installer sur la commune ainsi qu'aux personnes âgées d’y rester grâce à des tarifs attractifs du foncier.
38) Favoriser la mixité sociale par la construction de logements sociaux.
39) Garantir la transparence dans les critères d’attribution des logements sociaux et des lots à bâtir.
40) Associer tous les partenaires, les services municipaux, les acteurs associatifs et économiques à la réalisation d’un programme d’actions conformes au développement durable (« Agenda 21 »).

dimanche 24 février 2008

Notre liste Guiche/Pont Réan à gauche

Notre liste est constituée de 15 femmes et 14 hommes répartis sur 2 sections électorales de la manière suivante :

Section de Guichen : KIEFFER Françoise ; LEPORT Daniel ; MOTEL Michèle ; LE FLOCH Joël ; CHERADAME Anne ; DAVID Laurent ; MENANT Annita ; BRIZE Serge ; GEFFROY Marcelline ; GNIDINE Philippe ; DESCHAUX Soisic ; LAUNAY Guy ; HEMERY Claudine ; DUHAULT Laurent ; PANHALEUX Fanny ; MACE Jérôme ; LAZENNEC Françoise ; ANCEAUME Claude ; LEGEAY Airelle ; DUGUE Patrick ; GREE Sandrine ; TAURAND Christian.

Section de Pont-Réan : PERRIN Germaine Françoise ; BEN AMOR Ridha ; MAGNANI Catherine ; AVENARD Jean-Paul ; THIBOULT Pascale ; HAIDIN Bernard ; MILBEO Annie.


lundi 18 février 2008

Merci

Je tiens à vous remercier de l’accueil que vous réservez à notre équipe à l’occasion de la distribution de notre journal. Vous êtes très nombreux à nous exprimer votre soutien et votre adhésion à ce projet… à tel point qu’il n’est déjà plus exclusivement celui de celles et ceux qui ont décidé de s’engager dans ces élections municipales mais qu’il est devenu votre projet.



Françoise Kieffer

vendredi 8 février 2008

Soutenez notre liste ancrée à gauche

"Guichen-Pont Réan à gauche"
Avec vous pour un développement solidaire,
dynamique et responsable.
N'hésitez pas à nous contacter...

jeudi 31 janvier 2008

Témoignage de Patrick, un habitant de Pont Réan

En novembre 1987, venant d' acheter un terrain dans le lotissement du Val, rue de Louvain à Pont-Réan et me rendant à la Mairie située à Guichen j'eus l'occasion d'entrevoir sur la droite une magnifique allée bordée d'arbres menant très certainement à un château que j'allais découvrir plus tard me promenant dans les environs.... et dans d'autres occasions.

Je découvris que la ville de Rennes y gérait un centre aéré dans lequel mon épouse allait enfant et appris que sa grand-mère paternelle finit sa vie dans ce qui était communément appelé « le mouroir » dans les services de Pontchaillou concernant la Massaye.

Je découvris l'histoire de Pont-Réan au travers du livre de Patricia Cheviré dans lequel elle consacre un article sur les inondations mais aussi un article sur le domaine.

Les inondations de 2001 ( après celles de 95 – 99 ) eurent des conséquences importantes pour notre bien-être et des répercussions psychologiques indéniables partagées puisque la petite Eileen née en décembre 2000 et la maman toutes deux de retour de la maternité ne purent rester dans une maison inondée..... donc insalubre pour elles : demande de logement à la mairie, ce fut l'appartement situé au Château de la Massaye qui nous fut alloué; nous étions 7 personnes !
Nous avions tout l'étage pour nous, étage habituellement réservé au directeur.
Nous sommes restés plusieurs mois dans les lieux et je découvris alors la richesse de la Massaye, richesse architecturale, paysagère mais aussi humaine....

J'avais des contacts journaliers avec le personnel du CHR qui y assurait l'entretien et déjà pointaient des écoeurements ou incompréhensions des salariés sur la politique d'abandon du site par la diminution de lits alors que venaient d'être mises aux normes les cuisines....

Ce fut ensuite des rencontres avec des personnes qui recherchaient l'ancien centre de formation maritime.....

L'accueil de réfugiés au domaine de la Massaye sur réquisition de la Préfecture allait me permettre encore une fois de bien belles rencontres..... non, je n'ai pu participer à la manifestation de soutien pour ces personnes mais – discrètement – leur ai remis un salon pour leur pièce de vie commune : j'ai eu un bonheur intense à voir les enfants taper l'assise des canapés et s'y jeter.
Peu de paroles : tous dans les yeux et les gestes de ces enfants... et leurs yeux rieurs et leurs sourires

Mais avant leur arrivée, survinrent les événements les plus tristes que j'ai pu voir : la haine par la peur de l'autre, étranger de surcroît....
Le 6 mars 1963, le « vice – amiral » – préfet maritime de Brest – demande à récupérer, pour orner l'école navale de Brest, la statue de DUGUAY TROUIN offerte par la ville de ST MALO au centre de formation maritime, statue qui avait été érigée dans la cour d'honneur de la Massaye.

Si je savais que la présence militaire y fut importante, jusqu'en 1960, puisque le domaine fut successivement occupé, réquisitionné, loué par l'état major anglais, l'armée allemande, des formations américaines, la marine française...... j'ignorais totalement certains événements de 1944.
Le 22 juillet 1944, les allemands firent une rafle dans les rues de Pont-Réan en représailles d'actes de brigandage commis localement par la fameuse bande Tudo-Laurent; les personnes arrêtées furent détenues au château de la Massaye pour être transférées et incarcérées à Jacques CARTIER.
Ils seront une douzaine de jeunes de Pont-Réan à être arrêtés et déportés par le convoi dit de Langeais partant de Rennes début août 44 vers Belfort et dirigé le 26 août vers Natzweiler ou d'autres lieux de déportation tels que Dachau ou Melk.
Parmi ces jeunes figurent également des Espagnols.
Quelques heures avant la libération de Rennes – le 1 er août, les américains sont à sa porte et 2000 allemands résistent – le 3 août vers 6H00 du matin, un convoi de 1500 prisonniers emprunte la seule voie ferrée intacte : Rennes – Redon.
Le même jour, vers 11H00 du soir, un groupe de prisonniers de même importance parcourt à pied pour embarquer dans des wagons à bestiaux vers St Jacques de la Lande.
Ces deux convois se rejoignent au Lion d'Angers survolés en permanence par l'aviation alliée.
De l'avis des survivants, jamais ce convoi n'aurait dû arriver en Allemagne.
Préservons le domaine de La Massaye et faisons en sorte qu'il devienne une zone accessible à tous les Guichennais- Pont-Réannais...

dimanche 27 janvier 2008

Est-ce que ce monde est sérieux ?

7 milliards d’€ évaporés pour la seule Société Générale… soit 580 000 années de SMIC. Arrivées à certains sommets, les sommes n’ont plus de signification. Puisqu’il y a sommet, il y a vertige. Le vertige de l’argent qui ne signifie plus rien : « dématérialisé » - on devrait dire « déshumanisé » - l’argent ne correspond plus à une convention entre les hommes qui exprime la valeur d’un travail (« valeur d’usage ») et qui permet d’échanger des actions disparates (« valeur d’échange »). Jusqu’alors on avait résolu de régler la question de « comment échanger l’achat des courses avec une consultation chez le médecin ou avec une sortie à Eurodysney (sans Carla…) ? » par de l’argent, des pièces, des billets, sur lesquels des valeurs sont écrites avec des chiffres.
Et puis, progressivement, en l’espace d’une génération, l’argent s’est dissocié du travail à deux échelles. L’échelle des personnes avec l’idée que, pour en gagner, il valait mieux gratter compulsivement des tickets aux noms infantilisants (tac-au-tac, grolot…) ou tourner béatement une roue à la télévision que raboter du bois, conduire un camion, corriger des copies d’élèves. A l’échelle de la société, la valeur travail s’est effondrée : on gagne plus à spéculer qu’à produire ; la part de la richesse repose de moins en moins sur l’activité des hommes et de plus en plus sur le capital qui se gonfle et se dégonfle au gré d’impulsions électroniques envoyées dans des salles truffées d’ordinateurs devant lesquels s’agitent les nouveaux apprentis sorciers de l’économie, les traders (en français, « marchands »).

Depuis l’effondrement du Mur de Berlin, l’idée était qu’il n’y avait plus que, d’un côté, David le citoyen et, de l’autre côté, Goliath le « marché ». Entre ce face-à-face déséquilibré, les institutions (État, pouvoirs publics) compensaient un peu l’inégalité par des politiques publiques, par des règlements. Un peu mais aussi de moins en moins : retrait de l’État qui substitue à une éthique de l’intérêt général le pragmatisme économique… « Les caisses sont vides. » Le marché, qu’on le veuille ou non, apparaissait, sinon comme la bonne solution, du moins comme la seule solution. Credo du libéralisme : moins on intervient, plus cela ira bien par la grâce d’une baguette magique, « la main invisible », se chargeant d’adapter l’offre et la demande. Un monde enchanté avec Kâa qui susurre « Aie confiance… » Et l’on incitait chacun dans son coin à investir dans des actions qui, pour rapporter avec des taux de rentabilité à deux chiffres, se traduisaient par des plans sociaux : l’homme est un loup pour l’homme - homo homini lupus - et le portefeuille d’actions rangé dans le tiroir de la commode du salon recouvre la lettre de licenciement du voisin avec lequel on festoie lors du méchoui du lotissement. Un peu de sociabilité pour vernir ce qui tient lieu de règle de vie, gagner plus et vite. Ce que l’on appelle simplement aussi la cupidité.

Des économistes très savants écrivaient des équations indécryptables dont on pouvait se dire que, puisque c’était compliqué, c’était sérieux. Cependant, si on lisait les ouvrages d’économie en sautant ces équations, on découvrait que la base du marché c’est… la confiance ! Ainsi donc, tout repose sur la subjectivité ! Pschitt ! 7 milliards d’€ évaporés et, avec eux, la confiance. Donc écroulement du marché. Que reste-t-il ? L’individu. Tout seul. Un singe nu, c’est-à-dire un primate sans fourrure, sans protection.

Crise vient du grec, krisis, qui signifie décider. Certes l’accouchement se fait – et ce n’est que le début - dans la douleur. A Francis Cabrel qui chantait « Est-ce que ce monde est sérieux ? », on sait que l’on peut répondre négativement – voilà au moins une certitude. Reste à réinventer un vivre ensemble et un faire société apurés de l’illusion. L’avantage de l’illusion est qu’elle enchante. Son inconvénient est qu’elle est éphémère et se solde par le désenchantement. Il faut donc réenchanter le monde mais cette fois, qu’on ne s’y trompe pas, avec des valeurs, des convictions, des principes moraux, une éthique : il n’y a pas d’autre alternative pour reconquérir la confiance… puisqu’on vous dit qu’elle est à la base de tout !

Philippe Labbé, janvier 2008

mardi 22 janvier 2008

Témoignage de Michèle : la vie de mon quartier…

Je me présente, je suis Michèle MOTEL.
Je m’engage auprès de Françoise Kieffer pour un avenir durable à Guichen. Cette belle commune qui m’a séduite il y a 4 ans par son environnement naturel privilégié, aux portes du Boël…
Je me disais, « il doit faire bon vivre ici »…
Je me suis investie dans la vie associative pour rencontrer les guichenais pont-réanais.
J’étais alors en congé parental et il me semblait évident de donner de mon temps à la collectivité. Je ne connais pas le mot « ennui ».
J’habite à Guichen depuis 2003, un lotissement où le temps s’écoule de façon agréable.
Face aux difficultés, on n'est jamais seul.
En cas de soucis, de problème de garde d’enfants, la solidarité entre voisins existe.
On sait ce que veut dire le mot « entraide ».
C’est une histoire toute simple de la vie d’un quartier, d’une commune qui accueille de nouveaux habitants ; On commence par faire construire sa maison. On fait connaissance avec ses voisins en échangeant quelques mots, quelques outils, quelques savoir-faire. Et puis une fois passé le temps du « tout boulot », on a déjà pris l’habitude d’être ensemble.
Quelques familles prennent alors l’initiative d’un repas de quartier autour d’un apéro convivial. Et c’est ainsi que l’on coule des jours heureux entourés de voisins qui sont devenus des amis…
Mais, cette histoire n’existe pas partout…
Pour cela, il faut aussi des espaces de vie en commun. Nous avons appris à nous connaître en emmenant nos enfants faire des glissades sur le toboggan du quartier.
Nous avons appris à rigoler ensemble en faisant des parties de foot, les soirées d’été, dans la coulée verte derrière nos habitations…
Hélas, les espaces de vie sociale ne sont pas présents dans tous les quartiers à Guichen, les coins nature non plus… Pourtant, Le slogan de Guichen n‘est-il pas « l’avenir en vert ».

Le SCOT prévoit 10 000 habitants à Guichen en 2020. Nous n’avons pas le choix.
2020, c’est demain ! Cela se prépare aujourd’hui avec comme horizon « un développement durable à Guichen ».

Pour cela, il faut anticiper les problèmes : penser assainissement, circulation, sécurité des déplacements, animation jeunesse et adultes…
Quel projet du vivre ensemble ? Ce n’est pas une question qui doit se régler au cas par cas ;
c’est une valeur transversale du projet de notre liste Guichen Pont-Réan à gauche.
Parce que nous ne voulons pas devenir une cité dortoir où il ferait mal vivre…
Pace que nous nous préoccupons de l’avenir des jeunes…
Les actes de petite délinquance existent déjà à Guichen. Quelle politique de prévention a été mise en place ?
Il faut se donner les moyens de la réussite d’un projet de cohésion sociale.
Les actions ponctuelles ne sont que des pansements ; elles ne peuvent être une réponse sur le long terme. Il faut d’abord avoir conscience des difficultés, en faire un état des lieux sérieux et ensuite avoir la volonté d’y remédier…
L’équipe de Guichen Pont-Réan à gauche porte un projet de vie autour du développement économique et de la solidarité, un projet de développement durable dynamique.
Nous avons la volonté, les expériences par les réseaux de contact, les soutiens professionnels…

Je crois sincèrement aux vertus du renouvellement…

Michèle MOTEL

lundi 21 janvier 2008

Témoignage de Philippe

Aujourd’hui, samedi, j’ai parcouru la campagne guichennaise, notre journal n° 1 comme support. Soixante personnes rencontrées directement et plus de 150 journaux déposés dans les boites aux lettres. De ces rencontres, que dire ?
Tout d’abord un accueil toujours bon : pas un seul refus, le minimum étant le « bonjour-merci-au revoir »… mais un minimum rare ! La très grande majorité des personnes était contente d’échanger quelques phrases… sans doute également qu’on se donne la peine d’aller jusqu’à chez eux… parfois au bout d’un tout petit chemin.
Leurs préoccupations du quotidien : la maison que l’on restaure soi-même (« C’est devenu inabordable, trop cher. Il faut se débrouiller. »), la hausse du coût de la vie – il n’y a pas que les sondages nationaux qui en parlent – avec, point de cristallisation, le passage à la pompe : « Vous vous rendez compte ! 75 € ! Ce n’est plus possible. Je ne fais plus le plein, je sais c’est ridicule, ça ne change rien mais je ne peux pas me résoudre… »
Un veuf à la retraite : nous avons fait le tour de son terrain, discuté de la vie, de l’isolement (les enfants qui ne viennent pas souvent…). Un professeur et son petit garçon de deux ans : « Oui, il y a un problème. On parle citoyenneté et on ne laisse pas la place aux gens. » Une agricultrice qui fait du maraîchage : « Ah, le marché ! Pourquoi on sépare le marché bio ? A Pont –Réan, oui, ça c’est une bonne idée… » Une autre agricultrice qui « fait de la viande » : « Une femme pour Guichen, ça change. Il était temps ! » Un autre paysan – zone rurale oblige – très investi il fût un temps dans la vie politique (« j’étais un politicien acharné »)… et aujourd’hui désabusé : « Ah, Sarko, là-haut, vous pouvez être sûr que j’y suis pour rien ! » Proposition de boire une bière… déclinée : il reste d’autres personnes à voir et autant ne pas tituber. Un artisan du bâtiment : « On ne fait rien pour nous aider. C’est tout pour les gros. » Un employé d’une entreprise locale : « C’est bien d’avoir deux listes. C’est le minimum pour la démocratie : choisir. »

Ces gens sont ceux que Pierre Sansot appelait très affectueusement dans un ouvrage « Les gens de peu » : ceux qui ne sont pas visibles socialement (montre Rolleix, lunettes Ray-Ban, pyramides d’Égypte et chanteuse enlacée), ceux qu’on n’invite pas sur les plateaux de télévision. Mais ils vivent ici, ils composent la société, la vraie… pas celle du spectacle et des paillettes. Et il suffit de pas grand chose, quelques mots, pour en conclure avec eux que Guichen, oui, ça les concerne. Enfin, plus exactement, ça les concernerait si on les sollicitait un peu plus. Et, de ces élections municipales, qu’un cinquième mandat « c’est celui de trop ». Voilà le thème le plus partagé : la carrière professionnelle qui n’en finit pas. « Vous vous rendez compte ? Trente ans maire ! Et puis quoi encore ! C’est trop ! Il devrait laisser la place…»

Demain, c’est décidé, je continue : c’est vraiment revigorant de rencontrer les Guichennais chez eux, pas en croisant les caddies à Super U !

P. L.