Réunions publiques

- Le 5 mars, 19h, salle Henri Brouillard à Pont-Réan

- Le 7 mars, 20h30, Espace Galatée à Guichen

Proches de vous, nous le sommes et le resterons !

dimanche 27 janvier 2008

Est-ce que ce monde est sérieux ?

7 milliards d’€ évaporés pour la seule Société Générale… soit 580 000 années de SMIC. Arrivées à certains sommets, les sommes n’ont plus de signification. Puisqu’il y a sommet, il y a vertige. Le vertige de l’argent qui ne signifie plus rien : « dématérialisé » - on devrait dire « déshumanisé » - l’argent ne correspond plus à une convention entre les hommes qui exprime la valeur d’un travail (« valeur d’usage ») et qui permet d’échanger des actions disparates (« valeur d’échange »). Jusqu’alors on avait résolu de régler la question de « comment échanger l’achat des courses avec une consultation chez le médecin ou avec une sortie à Eurodysney (sans Carla…) ? » par de l’argent, des pièces, des billets, sur lesquels des valeurs sont écrites avec des chiffres.
Et puis, progressivement, en l’espace d’une génération, l’argent s’est dissocié du travail à deux échelles. L’échelle des personnes avec l’idée que, pour en gagner, il valait mieux gratter compulsivement des tickets aux noms infantilisants (tac-au-tac, grolot…) ou tourner béatement une roue à la télévision que raboter du bois, conduire un camion, corriger des copies d’élèves. A l’échelle de la société, la valeur travail s’est effondrée : on gagne plus à spéculer qu’à produire ; la part de la richesse repose de moins en moins sur l’activité des hommes et de plus en plus sur le capital qui se gonfle et se dégonfle au gré d’impulsions électroniques envoyées dans des salles truffées d’ordinateurs devant lesquels s’agitent les nouveaux apprentis sorciers de l’économie, les traders (en français, « marchands »).

Depuis l’effondrement du Mur de Berlin, l’idée était qu’il n’y avait plus que, d’un côté, David le citoyen et, de l’autre côté, Goliath le « marché ». Entre ce face-à-face déséquilibré, les institutions (État, pouvoirs publics) compensaient un peu l’inégalité par des politiques publiques, par des règlements. Un peu mais aussi de moins en moins : retrait de l’État qui substitue à une éthique de l’intérêt général le pragmatisme économique… « Les caisses sont vides. » Le marché, qu’on le veuille ou non, apparaissait, sinon comme la bonne solution, du moins comme la seule solution. Credo du libéralisme : moins on intervient, plus cela ira bien par la grâce d’une baguette magique, « la main invisible », se chargeant d’adapter l’offre et la demande. Un monde enchanté avec Kâa qui susurre « Aie confiance… » Et l’on incitait chacun dans son coin à investir dans des actions qui, pour rapporter avec des taux de rentabilité à deux chiffres, se traduisaient par des plans sociaux : l’homme est un loup pour l’homme - homo homini lupus - et le portefeuille d’actions rangé dans le tiroir de la commode du salon recouvre la lettre de licenciement du voisin avec lequel on festoie lors du méchoui du lotissement. Un peu de sociabilité pour vernir ce qui tient lieu de règle de vie, gagner plus et vite. Ce que l’on appelle simplement aussi la cupidité.

Des économistes très savants écrivaient des équations indécryptables dont on pouvait se dire que, puisque c’était compliqué, c’était sérieux. Cependant, si on lisait les ouvrages d’économie en sautant ces équations, on découvrait que la base du marché c’est… la confiance ! Ainsi donc, tout repose sur la subjectivité ! Pschitt ! 7 milliards d’€ évaporés et, avec eux, la confiance. Donc écroulement du marché. Que reste-t-il ? L’individu. Tout seul. Un singe nu, c’est-à-dire un primate sans fourrure, sans protection.

Crise vient du grec, krisis, qui signifie décider. Certes l’accouchement se fait – et ce n’est que le début - dans la douleur. A Francis Cabrel qui chantait « Est-ce que ce monde est sérieux ? », on sait que l’on peut répondre négativement – voilà au moins une certitude. Reste à réinventer un vivre ensemble et un faire société apurés de l’illusion. L’avantage de l’illusion est qu’elle enchante. Son inconvénient est qu’elle est éphémère et se solde par le désenchantement. Il faut donc réenchanter le monde mais cette fois, qu’on ne s’y trompe pas, avec des valeurs, des convictions, des principes moraux, une éthique : il n’y a pas d’autre alternative pour reconquérir la confiance… puisqu’on vous dit qu’elle est à la base de tout !

Philippe Labbé, janvier 2008

mardi 22 janvier 2008

Témoignage de Michèle : la vie de mon quartier…

Je me présente, je suis Michèle MOTEL.
Je m’engage auprès de Françoise Kieffer pour un avenir durable à Guichen. Cette belle commune qui m’a séduite il y a 4 ans par son environnement naturel privilégié, aux portes du Boël…
Je me disais, « il doit faire bon vivre ici »…
Je me suis investie dans la vie associative pour rencontrer les guichenais pont-réanais.
J’étais alors en congé parental et il me semblait évident de donner de mon temps à la collectivité. Je ne connais pas le mot « ennui ».
J’habite à Guichen depuis 2003, un lotissement où le temps s’écoule de façon agréable.
Face aux difficultés, on n'est jamais seul.
En cas de soucis, de problème de garde d’enfants, la solidarité entre voisins existe.
On sait ce que veut dire le mot « entraide ».
C’est une histoire toute simple de la vie d’un quartier, d’une commune qui accueille de nouveaux habitants ; On commence par faire construire sa maison. On fait connaissance avec ses voisins en échangeant quelques mots, quelques outils, quelques savoir-faire. Et puis une fois passé le temps du « tout boulot », on a déjà pris l’habitude d’être ensemble.
Quelques familles prennent alors l’initiative d’un repas de quartier autour d’un apéro convivial. Et c’est ainsi que l’on coule des jours heureux entourés de voisins qui sont devenus des amis…
Mais, cette histoire n’existe pas partout…
Pour cela, il faut aussi des espaces de vie en commun. Nous avons appris à nous connaître en emmenant nos enfants faire des glissades sur le toboggan du quartier.
Nous avons appris à rigoler ensemble en faisant des parties de foot, les soirées d’été, dans la coulée verte derrière nos habitations…
Hélas, les espaces de vie sociale ne sont pas présents dans tous les quartiers à Guichen, les coins nature non plus… Pourtant, Le slogan de Guichen n‘est-il pas « l’avenir en vert ».

Le SCOT prévoit 10 000 habitants à Guichen en 2020. Nous n’avons pas le choix.
2020, c’est demain ! Cela se prépare aujourd’hui avec comme horizon « un développement durable à Guichen ».

Pour cela, il faut anticiper les problèmes : penser assainissement, circulation, sécurité des déplacements, animation jeunesse et adultes…
Quel projet du vivre ensemble ? Ce n’est pas une question qui doit se régler au cas par cas ;
c’est une valeur transversale du projet de notre liste Guichen Pont-Réan à gauche.
Parce que nous ne voulons pas devenir une cité dortoir où il ferait mal vivre…
Pace que nous nous préoccupons de l’avenir des jeunes…
Les actes de petite délinquance existent déjà à Guichen. Quelle politique de prévention a été mise en place ?
Il faut se donner les moyens de la réussite d’un projet de cohésion sociale.
Les actions ponctuelles ne sont que des pansements ; elles ne peuvent être une réponse sur le long terme. Il faut d’abord avoir conscience des difficultés, en faire un état des lieux sérieux et ensuite avoir la volonté d’y remédier…
L’équipe de Guichen Pont-Réan à gauche porte un projet de vie autour du développement économique et de la solidarité, un projet de développement durable dynamique.
Nous avons la volonté, les expériences par les réseaux de contact, les soutiens professionnels…

Je crois sincèrement aux vertus du renouvellement…

Michèle MOTEL

lundi 21 janvier 2008

Témoignage de Philippe

Aujourd’hui, samedi, j’ai parcouru la campagne guichennaise, notre journal n° 1 comme support. Soixante personnes rencontrées directement et plus de 150 journaux déposés dans les boites aux lettres. De ces rencontres, que dire ?
Tout d’abord un accueil toujours bon : pas un seul refus, le minimum étant le « bonjour-merci-au revoir »… mais un minimum rare ! La très grande majorité des personnes était contente d’échanger quelques phrases… sans doute également qu’on se donne la peine d’aller jusqu’à chez eux… parfois au bout d’un tout petit chemin.
Leurs préoccupations du quotidien : la maison que l’on restaure soi-même (« C’est devenu inabordable, trop cher. Il faut se débrouiller. »), la hausse du coût de la vie – il n’y a pas que les sondages nationaux qui en parlent – avec, point de cristallisation, le passage à la pompe : « Vous vous rendez compte ! 75 € ! Ce n’est plus possible. Je ne fais plus le plein, je sais c’est ridicule, ça ne change rien mais je ne peux pas me résoudre… »
Un veuf à la retraite : nous avons fait le tour de son terrain, discuté de la vie, de l’isolement (les enfants qui ne viennent pas souvent…). Un professeur et son petit garçon de deux ans : « Oui, il y a un problème. On parle citoyenneté et on ne laisse pas la place aux gens. » Une agricultrice qui fait du maraîchage : « Ah, le marché ! Pourquoi on sépare le marché bio ? A Pont –Réan, oui, ça c’est une bonne idée… » Une autre agricultrice qui « fait de la viande » : « Une femme pour Guichen, ça change. Il était temps ! » Un autre paysan – zone rurale oblige – très investi il fût un temps dans la vie politique (« j’étais un politicien acharné »)… et aujourd’hui désabusé : « Ah, Sarko, là-haut, vous pouvez être sûr que j’y suis pour rien ! » Proposition de boire une bière… déclinée : il reste d’autres personnes à voir et autant ne pas tituber. Un artisan du bâtiment : « On ne fait rien pour nous aider. C’est tout pour les gros. » Un employé d’une entreprise locale : « C’est bien d’avoir deux listes. C’est le minimum pour la démocratie : choisir. »

Ces gens sont ceux que Pierre Sansot appelait très affectueusement dans un ouvrage « Les gens de peu » : ceux qui ne sont pas visibles socialement (montre Rolleix, lunettes Ray-Ban, pyramides d’Égypte et chanteuse enlacée), ceux qu’on n’invite pas sur les plateaux de télévision. Mais ils vivent ici, ils composent la société, la vraie… pas celle du spectacle et des paillettes. Et il suffit de pas grand chose, quelques mots, pour en conclure avec eux que Guichen, oui, ça les concerne. Enfin, plus exactement, ça les concernerait si on les sollicitait un peu plus. Et, de ces élections municipales, qu’un cinquième mandat « c’est celui de trop ». Voilà le thème le plus partagé : la carrière professionnelle qui n’en finit pas. « Vous vous rendez compte ? Trente ans maire ! Et puis quoi encore ! C’est trop ! Il devrait laisser la place…»

Demain, c’est décidé, je continue : c’est vraiment revigorant de rencontrer les Guichennais chez eux, pas en croisant les caddies à Super U !

P. L.